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Lors de ma dernière exposition au Japon, j'ai réalisé quelques sculptures de bambou sur place. M'ayant vu travailler, à la télévision, une dame est venue me voir. Elle fait des objets en bambou et elle a souhaité apprendre ma technique. Je lui ai répondu qu'elle n'avait rien à apprendre de moi sauf l'art d'éviter d'être japonais.Cette fois-ci, il est certain que j'ai été invité à cette manifestation parce que je suis japonais. En fait, je suis le seul artiste qui ne soit pas de la région.Comment puis-je satisfaire l'attente des Européens sans faire des japonaiseries ?Voilà le travail ! |
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Je pratique une approche de "création in situ" à la lettre : concevoir et construire une Ïuvre avec des matériaux trouvés sur place et l'installer dans le même environnement. Je me suis donc servi de bambous coupés au printemps et de vieux outils de jardinage de la Roseraie. |
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Matériaux : bambou, filet plastique de jardinage, attaches métalliques de jardinage et feuilles de bambou. Quand j'ai transporté ce travail dans le jardin, Madame Clerc a poussé un cri interrogateur "Pourquoi ?"Je pense qu'il n'y a pas de cause proprement dite pour la création, comme on n'a pas besoin de raison pour se sentir heureux.Ce qui m'intéresse maintenant dans ce travail, c'est le fait que je ne sais pas comment il évoluera. Le gazon pourra passer à travers les trames du filet et cachera les feuilles de bambou sèches ou il soulèvera ce disque de plus en plus haut, ouÉ ?Pendant le séjour, je me suis rendu compte que le gazon avait rétréci et s'était caché en bas des trames quand il faisait froid.
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Matériaux : bambou, pierre et fil de fer. Quand on voit la roue, on ne voit pas la pierre. Quand on voit la pierre, on ne voit pas la roue. Je vous avoue que c'est un peu zenÉEn fait, ma tentative dans ces interventions se résume à :"Comment éviter d'être japonais, tout en étant japonais " |